La journée commence doucement avec la visite d'un camp de chercheurs d'onyx ; c'est assez impressionnant : ces hommes creusent un puits à la pioche d'une dizaine de mètres et recherchent dans la terre la pépite qui les rendra riche.Il parait que parfois ça marche. Du coup, d'autres tentent leur chance.
Puis on fait un détour par un village de minorités ; on n'aime pas trop la manière dont ça se passe, ça fait zoo et on débarque pour 5 minutes sans avoir l'impression de pouvoir échanger quoique ce soit comme on avait eu l'occasion de le faire dans le nord du Vietnam.
Enfin, l'aventure commence : on embarque sur une pirogue (à moteur) pour 1h30 de ballade sur une rivière.
On accoste pour visiter un cimetière Jaraï dans la jungle, orné de statues en bois. Le guide et son acolyte essaient à tout prix de nous montrer une mygale et la délogent de son nid. On leur dit qu'on ne tient pas trop à déranger la bête mais ils insistent et finissent par nous l'exhiber sous tous les angles... Elle n'a pas l'air très en forme, nous sommes un peu dégoûtés de n'avoir pas réussi à les calmer.
Puis nous partons visiter le village d'une minorité pas très loin, le chef du village prend le frais à l'ombre d'un manguier. On visite l'école : cadre dépouillé, une salle et des bureaux de bois.
Ensuite commencent les choses sérieuses avec la marche à proprement parler, dans la jungle. Au début, ça ressemble un peu à Fontainebleau, avec un sentier sablonneux... si ce n'est qu'on croise un cobra en chemin.
De temps en temps, on se retrouve dans des zones à découvert, toutes déforestées...
Un spectacle un peu triste, mais qui nous permet aussi de rencontrer des familles de paysans qui vivent là et cultivent les terres.
Les paysages de la jungle sont tout de même assez diversifiés, mais pas aussi denses (du moins à première vue) que ce qu'on aurait pensé.
Nous terminons par l'ascension d'une colline et là nous nous retrouvons dans une végétation très dense, il n'y a presque plus de sentier.
Puis nous arrivons sur un plateau et au village où nous passerons la nuit, dans la maison communale. Florent qui ne s'est pas assez dépensé aujourd'hui trouve l'énergie de faire une partie de volley-ball (sport très populaire au Cambodge) avec les jeunes du village.
Dans la maison commune du village, nous rencontrons aussi une famille française en trek comme nous ; ce sont deux médecins expatriés à Phnom Penh avec leurs deux enfants. Ils connaissent bien le Cambodge et nous expliquent comment le pays est en train de brader pour une poignée de dollars ses ressources et ses terres aux investisseurs étrangers...
Une anecdote rigolote : la nuit précédente, leur fils est sorti de la maison pour faire pipi mais il a été surpris par les chiens, qui ont tous aboyés à la vue de sa lampe de poche. Bilan : le lendemain matin, les villageois étaient persuadés que les esprits avaient visité le village pendant la nuit, et s'apprêtaient à faire une fête...
Après une bonne douche à la rivière avec les locaux et le dîner, nous nous couchons avec en toile de fond sonore les chants des villageois, et le bruit des animaux. Nous passons une bonne nuit dans la maison commune du village. Fort heureusement pour nous, les esprits ne nous ont pas visités, nous dormons comme des bébés dans notre hamac...