Troisième jour autour de Siem Reap. Après le vélo et le tuk-tuk, nous louons une voiture avec chauffeur pour la journée. On a le droit de se reposer un peu quand même. Du coup, on peut aller assez loin, à 70 km de Siem Reap pour voir LE temple envahi par la jungle : le Beng Mealea. Comme nous y allons très tôt, nous sommes encore tous seuls.
Il y a un petit village à côté et au détour d'un chemin de terre apparait un temple grignoté de toute part par la jungle. C'est le temple le plus sauvage. Un gardien nous fait une visite guidée assez magique puisque nous "escaladons" les ruines, des blocs de pierres, pour pénétrer à l'intérieur du bâtiment. Il y a des passerelles en bois qui permettent aussi d'accéder aux étages supérieurs. C'est une succession de salles écroulées, un dédale sans dessus dessous assez magique à explorer. On a un peu l'impression d'être des explorateurs. Bref, c'est magique. C'est ici que Jean-Jacques Annaud a tourné une partie de son film,
Deux frères.








Puis nous partons ensuite vers le village de pêcheurs Kompong Phhluk et sa forêt inondée ; on ne peut y accéder qu'en bateau. En saison sèche, c'est encore plus l'aventure pour atteindre le village, car l'embarcadère n'est accessible que par une piste de sable de 3 km sur laquelle les voitures ne s'aventurent pas. Nous voilà donc partis à trois sur un scooter sur la piste de sable défoncée... et quelquefois coupée par des gués. Bref, nous finissons par arriver au bateau, heureux mais les fesses en compote et les pieds mouillés...On a plus de chance que certains qui sont carrément tombés dans le gué.
En bateau, on progresse d'abord dans des canaux avec une espèce de mangrove au milieu de laquelle des hommes pêchent : ils sont complètement dans l'eau, seule la tête dépasse, cela a l'air harassant.

Puis nous arrivons au village en tant que tel, avec de nombreuses maisons sur pilotis et des crevettes qui sèchent au soleil. C'est vraiment un monde à part.




Là encore, l'expérience n'est pas forcément agréable : l'accueil est plutôt méfiant et distant. Nous nous rendons compte que le bateau que nous avons pris pour venir doit gêner les villageois dans leur travail, et qu'ils ne doivent pas trop avoir de retombées financières de notre venue, alors même que le prix de l'excursion est assez élevé.

Nous sympathisons tout de même avec quelques enfants, ravis de se faire tirer le portrait....

Puis nous terminons la ballade par un tour en pirogue dans la forêt inondée ; c'est féérique. C'est un petit garçon qui rame et nous fait profiter de la ballade. Ce petit gars s'est fait exploiter par un adolescent à peine plus vieux, qui bien malin empoche le prix de la ballade en nous disant que si ça nous plaît, on pourra donner un pourboire au plus petit. Ça s'appelle : être mis devant le fait accompli, nous sommes mal à l'aise que ça se passe de cette manière. Mais bon, c'est comme ça.


Sur la route du retour vers Siem Reap, nous faisons une courte halte au temple du groupe des Roulos, le Bakong, qui ressemble beaucoup à un mini-Angkor, avec des bassins autour et une plateforme menant au temple. Les éléphants y font aussi la joie d'Anne-Claire...

